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Maître Wang Yen-Nien (biographie)

28 avril 2015 - 15:00

Wang Yen-Nien (Wang Yannian ou Wong Yan Nian suivant diverses transcriptions) est né à Taiyuan, capitale de la Province du Shanxi le 19 décembre 1914... donc dans l’année Jia Yin du "Tigre qui se tient fermement debout"... 
Comme de nombreux jeunes Chinois de l’époque, dès son plus jeune âge il étudie l’art du poing au sein de sa famille puis bénéficie des cours particuliers d’un professeur de Xingyi Quan (Poing de l’harmonie de la Forme et de l’Intention, considéré comme l’une des trois principales "pratiques internes" (Nei Jia) des Arts du Poing Chinois).
A dix huit ans il commence la pratique du Taijiquan sous la direction de Wang Xingwu qui fut lui-même élève du réputé Yang Banhou. Il entre à l’Académie de Police du Shanxi puis à l’Académie Militaire.

En 1939 il rencontre un taoïste de l’Ecole du Jing Dan (Pilule d’Or) du nom de Zhang Maolin qui l’initie aux pratiques du Daoyin Neigong (Travail Interne de la "Gymnastique Taoïste") et le présente à son frère Zhang Qinling qui était à la fois élève de Yang Jianhu et de Yang Chengfu. Cela lui permit d’étudier l’ "Ancienne Grande Forme de la Tradition Secrète du Taijiquan de la Famille Yang" telle qu’elle fut transmise à l’origine par le Fondateur Yang Luchan (1799-1872).

Pendant la guerre sino-japonaise (1938 1945) il devient commandant sous les ordres du Général Yen Xisan et dirige un bataillon puis un régiment et est plusieurs fois décoré pour des actes de bravoure. Lors de la guerre civile entre nationalistes et communistes il rejoint son ancienne unité et, suite à la défaite nationaliste, est contraint de se replier à Taiwan.
De 1949 à 1954 il sera employé par le Ministère de la Défense avec le grade de Colonel.

En 1954 il décide de se consacrer presque exclusivement à l’enseignement du Taijiquan à Yuan Shan dans un petit parc qui sert de mémorial aux résistants du Shanxi.
En 1956 il fonde avec plusieurs autres enseignants de renom l’Association Nationale du Taijiquan de la République de Chine (Zong Mai Wenhua Taijiquan Xueshu Yenjiu) au sein de laquelle il occupera pendant de longues années le poste de Vice Président.

Par la suite il continuera toujours à enseigner à l’extérieur, donc en public, les formes en solo du Taijiquan tandis qu’il préférera transmettre chez lui, en privé, les applications à deux (Tui Shou) et les applications de combat (San Shou). 
En 1975, le décès de Chen Man Ching, probablement le Maître Chinois de Taijiquan le plus connu et réputé à l’étranger, et particulièrement aux USA, projette malgrè lui Wang Yen Nien sur le devant de la scène. Il devient, en quelque sorte, le N°1 du Taijiquan à Taiwan... donc la référence pour les traditionalistes. 

Ses cours jusqu’ici exclusivement fréquentés par des Chinois voient arriver quelques occidentaux soucieux de retrouver un maître ayant pignon sur rue. Wang Yen Nien a toujours observé ce transfert d’autorité avec un certain détachement sinon un humour certain d’autant plus que les rapports avec Chen Man Ching et ses disciples occidentaux n’aient pas toujours été excellents. 
L’un d’eux Robert W. Smith, auteur de "Chinese Boxing - Masters and méthods (Kodansha International 1974) avait, par exemple, affirmé que "Chen se jouait de Wang (Chen toyed with him each time...). a chaque fois qu’ils se rencontraient"... ce qui de l’avis de divers témoins était pourtant très loin d’être le cas.
Mais les deux hommes possédaient des personnalités très différentes... autant Chen était "policé" (Wen - "civil" ou "civilisé" en chinois...) que Wang était "martial" (Wu - "militaire" ou "brave" en chinois). Le premier était poète et fin calligraphe, le type même du mandarin lettré, de grande courtoisie et fin politicien... alors que le second, comme le dit le chapitre XV du Daodejing (Tao Te King) était " entier d’une seule pièce comme du bois brut". 
Cette bravoure, dans tous les sens du terme, liée au souci de la hiérarchie quelque peu militaire et confucianiste faisait que Wang n’avait jamais souhaité mettre en difficulté celui qu’il considérait comme un "ancien"... puisque plus âgé que lui dans le domaine de la pratique et de l’état civil. 
De plus, toujours par habitude, il était considéré comme normal que le militaire, quel que fut son grade, s’écarte humblement devant le politique d’un certain rang et d’un certain âge. Or "Beaux Favoris" (Man Jan - le surnom de Chen Mang Ching) était l’aîné de Wang d’une bonne dizaine d’années.
Cette attitude particulière de Wang ne se limitait pas aux plus anciens puisqu’on relate l’anecdote où il fut plus ou moins défié par un jeune enseignant brésilien d’origine chinoise qui pratiquait avec ses élèves, venus également du Brésil, dans le jardin du Grand Hôtel de Taipei (Yuanshan) où Wang Yen Nien enseigne depuis de longues années.
Les deux hommes se livrèrent à une joute de Tui Shou (poussées à deux) qui dura un bon moment. Les élèves de Wang, témoins de cet événement inhabituel, s’étonnèrent du fait qu’il ne faisait que contrôler la situation, rééquilibrant même plusieurs fois le jeune professeur qui perdait pied tout seul. Les deux protagonistes se séparèrent en échangeant des compliments réciproques et en se saluant maintes fois. Devant la mine défaite de ses élèves Wang sourit d’un air désolé, haussa les épaules et affirma qu’il n’était pas courtois d’humilier un professeur devant ses élèves surtout si ceux-ci sont des touristes ayant fait l’effort de venir étudier le Taijiquan en Chine !

Devant l’affluence des pratiquants venus du monde entier Wang eut un jour l’idée géniale de monter, avec quelques élèves, en une seule nuit de 1985, un bâtiment sur la terrasse d’un building.
Le cas ne s’étant jamais produit il prit de cours les autorités et nul n’y trouva rien à redire... et il y enseigne chaque soir depuis cette époque.

 

Le Maître Wang Yen-nien que la plupart de ses élèves appellent simplement "Monsieur Wang" ou plus respectueusement Laoshi ( littéralement "Vieux Monsieur" ou "Honorable Monsieur") est depuis 1989 le Président en titre de l’Association Nationale du Taijiquan de la République de Chine et Président de la Fédération Internationale de Taijiquan.

Quelques anecdotes sur l’humour du Maître Wang...

Un jour lors d’une conférence quelqu’un lui posa la question " Existe-t-il une raison spécifique pour que l’on pratique le Taijiquan le matin de bonne heure dans un parc ?" ... 

"Oui, il existe même plusieurs raisons très importantes... la première est que, généralement les habitations chinoises sont trop exiguës. La seconde est que plus tard il fait souvent trop chaud. La troisième est qu’il est souvent difficile de convaincre son patron que le Taijiquan pratiqué sur le lieu du travail accroît la productivité".

 

Une autre personne lui demanda "L’orientation dans la pratique est-elle très importante ?"

" Oui, il est préférable de pratiquer face à une montagne que face à un mur d’usine et à l’ombre qu’en plein soleil. La boussole est, somme toute, assez secondaire".

 

Lors d’une visite à l’un de ses élèves occidentaux qui dirigeait un cour dans une salle il le félicita pour le travail des élèves mais s’étonna du fait que cet enseignant en question indique d’une voix de stentor les temps d’inspire et d’expire...

Celui-ci lui rétorqua qu’il faisait simplement comme il l’avait vu faire lui-même dans le parc du Grand Hôtel. Wang sourit et demanda, en aparté, où étaient les avions qui survolaient le parc, les autoroutes et la voie de chemin de fer qui le bordaient et les transistors des Taiwanais venus s’y promener.

http://www.tao-yin.com/nei-jia/wang_yen-nien.html

 

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INFO

Les vacances de Noël approchent, le club fermera ses portes du 24 décembre 2017 au 1er janvier 2018.

Joyeuses fêtes à toutes et tous !

 

HORAIRES ET LIEU DES COURS

Les cours se déroulent au Dojo Pierre Myter

Allée des Sports - 59960 Neuville-en-Ferrain

 

Lundi: 19h à 20h

Jeudi: 18h30 à 19h30

LA FILIATION DE JESSY DEBARBIEUX

Je pratique le Taiji Quan depuis 2001.

 

Issus des arts martiaux externes, que j'ai pratiqué depuis mon plus jeune âge, j'ai été accueilli chaleureusement par ce club, qui ne comptait à l'époque que 3 élèves.

 

Aujourd'hui, j'enseigne humblement le Taiji Quan depuis 2006 et j'ai l'honneur de transmettre le savoir de mes maîtres:

- Me Frédéric Aubry, Diplômé d'Etat en Taiji Quan

- Me Roland Viaene, Grand Mâitre Zen et dont le savoir dans les arts martiaux est digne d'admiration, disciple de Me Deshimaru (Zazen), de Me Chou (Taiji Quan Ecole Li), de Me Sien Tsien (Taiji Quan Ecole Li), de Me Luo Kindao (Taiji Quan Ecole Yang) et de Me Chang Chen (Taiji Quan Ecole Wudang).

Ce savoir est celui du grand Taiji, c'est-à-dire l'approche des styles les plus répandus.

 

J'ai été profondément ému et honoré lorsque Frédéric Aubry m'a demandé de prendre sa relève et, bien que cette responsabilité soit importante, je m'efforce de l'assumer avec un profond respect pour cet héritage.

 

Je n'oublierai jamais non plus Me Nguyen Ngnoc-Than et Nguyen Ngnoc-Long (Professeurs de Tae Kwon Do) qui ont énormément compté dans mon parcours et m'ont apporté bien plus que des techniques martiales.

 

C'est à toutes ces personnes que je dois ce que je suis et, pour cela, je leur en serai éternellement reconnaissant...

 

Et je terminerai avec cette pensée:

"Je préfère être un bon professeur qu'un grand maître".